Jacques Lebleu

Biographie

 Je suis né au cœur de l’hiver 1959 à La Sarre, en Abitibi, mais j’habite l’île de Montréal depuis l’âge de deux ans. Je suis diplômé en Arts visuels de l’UQAM. Les travaux que je vous présente ici ont essentiellement été réalisés de 2012 à aujourd’hui.

Démarche

J’accorde de l’importance à la fois au rôle de témoin oculaire, de révélateur social et de créateur de l’artiste qui fait une production visuelle, quel qu’en soit le mode : photo, dessin, vidéo ou art numérique. À travers le déluge d’informations visuelles de notre époque, je me questionne sur le rapport entre les notions de vraisemblance du propos qu’évoque une image et le médium utilisé pour la capter, la concevoir ou la créer de toutes pièces. Pendant les premiers cent ans de l’histoire de la photographie, ce nouveau médium a clairement détrôné le dessin et la peinture comme vecteur d’un réalisme consensuel. Depuis un peu plus de vingt-cinq ans, en particulier avec l’avènement de Photoshop, puis de la photographie virtuelle et de la généralisation des messageries instantanées, nous assistons à un détournement important de la nature même des images photo et ce, jusque dans la culture vernaculaire. Elles sont devenues douteuses, indignes de confiance.

De la même manière, les codes du jeu télévisuel sont aujourd’hui si largement partagés qu’il n’est plus nécessaire de faire appel à des acteurs. Les protagonistes des téléréalités savent ce qui est attendu d’eux. En cette époque où n’importe qui peut prétendre faire un geste créateur en appliquant des filtres différents à quelques selfies consécutifs et où il est aisé de retoucher ses photos pour en obliquer le contexte et le contenu, plusieurs questions se posent : Quand commence et où s’arrête le jeu? Où réside la fiction? À quel moment intervient le geste créatif? En quoi une photo réalistement retouchée se différencie-t-elle d’une œuvre peinte ou d’un simple croquis? Qu’elle soit documentaire, onirique, élaborée pour une fin mercantile ou le simple résultat d’un déclic mécanique, qui en fera usage et comment?

Je conserve malgré tout un grand respect pour les photoreporters et le photojournalisme. Dans mes travaux récents, je tente de redonner une place à l’histoire, à notre environnement. Je m’intéresse à l’évolution et au métissage de la culture du Québec.

— Jacques Lebleu, juillet 2017